Primary Chapitre II

Construire la médecine proactive.

Il y a trois ans, je publiais le manifeste de ce qui allait devenir Primary. Nous voulions construire un nouveau modèle de cabinet médical, en mettant la technologie au service des médecins et des patients.

Depuis, nous avons construit en silence pour faire de cette vision une réalité. Nous avons ouvert une dizaine de cabinets. Des dizaines de médecins nous ont rejoints. Plus de 150 000 patients ont consulté et sont suivis dans nos cabinets. Nous avons constitué autour des médecins de véritables équipes de soins, développé nos propres outils et intégré l’IA directement dans le parcours patient.

Mais ce n’est que le début.

Notre ambition n’a jamais été de construire de « jolis » cabinets médicaux. Même si nous sommes fiers de leur design. Notre ambition est de construire un nouveau modèle de soins primaires. Un modèle qui repose sur :

  • Une médecine proactive, dont l’objectif n’est plus seulement de soigner la maladie, mais de permettre à chacun de vivre plus longtemps en bonne santé.
  • Un binôme Médecin + IA, où l’IA prend en charge une partie de l’information, de l’accompagnement et du suivi, sous la supervision du médecin.
  • Une médecine humaine et ancrée dans le monde réel, autour du médecin traitant et d’une équipe qui connaît ses patients dans la durée.

Nous avons construit les fondations de ce modèle. Il est temps de passer à l’étape suivante.

De soigner la maladie à maintenir les gens en bonne santé

La médecine générale reste encore principalement centrée sur le traitement des maladies. Quelque chose ne va pas. Le patient prend rendez-vous. Le médecin diagnostique et traite. Puis chacun reprend sa vie jusqu’au prochain problème.

Ce modèle a permis des progrès extraordinaires. Mais il reste essentiellement réactif : nous intervenons lorsqu’un problème est déjà là.

La prochaine grande transformation de la médecine sera de passer d’un système qui soigne principalement la maladie à un système dont l’objectif est de maintenir les gens en bonne santé le plus longtemps possible.

Ne plus attendre qu’une maladie apparaisse, mais identifier les risques suffisamment tôt pour agir. Ne plus s’intéresser uniquement aux symptômes et aux traitements, mais à ce qui détermine notre santé dans la durée : activité physique, sommeil, nutrition, santé mentale, comportements. Ne plus s’adresser uniquement aux personnes malades, mais aider chacun à prendre soin de son capital santé.

Une médecine qui ne demande plus seulement « Qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui ? », mais aussi « Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour que vous soyez toujours en bonne santé dans dix ou vingt ans ? »

L’IA ouvre la possibilité d’un nouveau modèle de soins

Une médecine proactive nécessite de pouvoir accompagner un patient dans la durée : recueillir des informations, suivre des indicateurs, expliquer, rappeler, relancer, détecter qu’une situation nécessite une intervention. À l’échelle de milliers de patients, cela était jusqu’ici pratiquement impossible pour un médecin.

L’IA change radicalement cette contrainte.

Elle est bien plus qu’un outil de productivité. Elle permet de faire à l’échelle ce que les médecins ont rarement le temps de faire entre les consultations : expliquer, écouter, accompagner, rappeler, suivre.

Les patients utilisent déjà l’IA pour comprendre un résultat, poser une question sur un symptôme, préparer une consultation ou chercher une première orientation. Mais ces usages se développent principalement en dehors du parcours de soins, sans lien avec le médecin qui connaît le patient.

Si l’IA peut remplacer certaines interactions qui nécessitaient auparavant du temps médical, elle ne supprime pas le besoin d’un médecin responsable de la prise en charge. L’enjeu est donc d’intégrer l’IA au parcours de soins et de construire une nouvelle boucle : médecin + patient + IA.

Médecin + IA

Chez Primary, nous avons commencé par un cas d’usage très concret : la préconsultation. Avant son rendez-vous, notre assistant IA échange avec le patient, recueille les informations pertinentes et prépare la consultation.

Aujourd’hui, 80 % des patients de nos cabinets préparent ainsi leur échange avant leur consultation.

Le médecin retrouve son patient avec une partie du travail de recueil déjà réalisée et peut concentrer son temps sur ce qui nécessite réellement son expertise : comprendre, examiner, décider, expliquer.

Mais ce n’est qu’une première étape. Entre les consultations, l’IA peut :

  • Expliquer un résultat.
  • Répondre à une question.
  • Vérifier qu’un examen a été réalisé.
  • Suivre l’évolution de symptômes.
  • Accompagner un objectif de santé.
  • Rappeler un dépistage.

En gardant toujours le médecin dans la boucle.

Cela fait évoluer son rôle. Il n’a plus vocation à être le seul point d’accès à la connaissance médicale. Sa valeur se concentre davantage sur ce qui fait le cœur de son métier : connaître son patient, examiner, arbitrer dans l’incertitude, décider, rassurer et construire avec lui une stratégie de santé dans la durée.

Le médecin décide et supervise.
L’IA accompagne et exécute ce qui peut l’être.

Faire entrer cette nouvelle médecine dans le monde réel

L'entrée d'un cabinet médical Primary

Mais la médecine restera aussi physique. Nous aurons toujours besoin d’être examinés, rassurés, accompagnés par un médecin qui nous connaît et assume la responsabilité de notre prise en charge. L’enjeu n’est donc pas de faire disparaître le cabinet médical, mais de le faire entrer dans cette nouvelle ère.

C’est précisément pour cela que nous avons commencé par créer une nouvelle génération de cabinets. Avec les médecins. Ils nous permettent de construire et tester cette nouvelle médecine chaque jour, dans le monde réel, avec des médecins et des patients.

Nos cabinets ne sont pas simplement des lieux de consultation. Ils sont l’infrastructure sur laquelle nous construisons ce nouveau modèle de soins.

Le prochain chapitre de Primary

Depuis le premier jour, notre ambition est de transformer les soins primaires. Nous avons passé trois ans à construire l’infrastructure nécessaire. Notre plan pour les prochaines années est simple :

  1. 1. Construire un réseau de cabinets : l’infrastructure physique et humaine d’une nouvelle médecine primaire.
  2. 2. Augmenter l’équipe de soins par l’IA : combiner médecins, équipes de soins et IA pour offrir à chaque patient davantage de disponibilité et d’accompagnement.
  3. 3. Construire une médecine continue : passer de consultations ponctuelles à une relation suivie dans la durée, sous la responsabilité du médecin traitant.
  4. 4. Faire de la médecine proactive le nouveau standard : déployer ce modèle à grande échelle pour permettre à des millions de personnes de vivre plus longtemps en bonne santé.

D’abord en France. Puis en Europe.